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L'Œil de Jérémy

Un œil sur la vie culturelle, l'autre sur les médias. Toujours critique, pas toujours objectif, mais jamais perfide (enfin pas trop).


Journal de bord : Daily FIFIB, Jour 6

Publié par Jérémy Mercier sur 20 Octobre 2016, 01:27am

Catégories : #Cinéma, #Festival, #FIFIB

Aujourd’hui, on revient sur la vraie dernière journée du FIFIB, le mardi 18 octobre, puisque le dernier jour est en fait composé d’une poignée d’événements mineurs, et que la compétition se clôt le mardi soir, avec la cérémonie… de clôture.

On commence donc dès le matin avec l’un des films les plus attendus de la compétition, qui avait fait forte impression à sa projection le 13 septembre lors du dernier Festival du Film International de Toronto, et dont nous vous parlions déjà hier après la séance de Videodrome de David Cronenberg. Ce film, c’est Grave, réalisé par la talentueuse Julia Ducournau (pardon pour la coquille dans l’article précédent). Grave raconte l’histoire de Justine, une jeune fille surdouée issue d’une famille de végétariens qui intègre la fac de vétérinaires où étudie déjà sa sœur, et dans laquelle ont déjà étudié ses parents. À l’issue du traditionnel bizutage de début d’année, Justine est obligée d’ingurgiter un morceau de rein de lapin cru. Ce premier contact avec la viande animale ne sera que le premier pas d’une transformation radicale pour elle, vers un stade dont elle ignorait l’existence : sa nature, sa vraie nature, profonde et enfouie.

Dire que nous avons aimé Grave serait réducteur : nous avons adoré ce film, ce n’est pas seulement l’un de nos coups de cœur (sinon notre coup de cœur) de ce FIFIB, c’est aussi l’un de nos coups de cœur de ces derniers mois. Une claque monumentale, un film maitrisé de bout en bout, rien de moins. Alors que depuis le début des années 2000, les films d’horreur, à suspens, versent quasi-systématiquement dans le sanglant gratuit, dans le gore, sans le moindre intérêt, sinon celui d’en faire toujours plus que le voisin en oubliant de réfléchir à l’intérêt cinématographique et à la cohérence du propos. Des erreurs que Julia Ducournau ne commet pas, elle sait installer l’empathie avec son personnage, surtout via le prisme du bizutage, ce qui nous permet ensuite d’être tolérant avec elle, voire presque complice. Les scènes « chocs », celles de cannibalisme notamment, sont savamment distillées, et nous permettent non seulement d’éviter l’overdose, mais aussi d’y être très réceptifs. Certaines scènes, qui ne sont pas les plus « choquantes », nous font pourtant beaucoup réagir, car elles sont moins lointaines pour nous, et nous provoquent des sensations … épidermiques (ce mot fera sens après le visionnage, vous verrez tout de suite ce à quoi il fait allusion). Bref, ce film est une franche réussite, nous développerons notre propos dans une prochaine critique détaillée de Grave. Il est bien évident pour nous que ce film devrait remporter le grand prix du jury au FIFIB, tant il est de loin le mieux exécuté de toute la sélection.

Journal de bord : Daily FIFIB, Jour 6

Nous n’avons pu reprendre le cours du festival que pour la clôture. Afin de partager avec les autres membres de l’équipe qui m’ont aidé à couvrir ces six jours, je n’ai pas assisté à la cérémonie de clôture. Avant de terminer sur la soirée de clôture et le festival en général, voici le palmarès :

Grand prix du jury : Hedi de Mohamed Ben Attia  / Mention à Animal Politico de Tião

Prix du syndicat de la critique : Fear Itself de Charlie Lyne

Prix du jury Contrebandes : Heis (Chroniques) d'Anaïs Volpé

Prix du meilleur court métrage : Chasse royale de Lise Akoka, Romane Gueret / Mention à The Hunchback de Gabriel Abrantes, Ben Rivers 

Prix du jury Erasmus+ : Hedi de Mohamed Ben Attia

Prix Aquitaine Film Workout : Saint Désir de Paulina Pisarek et Caroline Detournay

Si nos espoirs ont été comblés pour le prix du court, je dois avouer avoir été littéralement sidéré quand j’ai appris le lauréat du grand prix du jury. C’était probablement l’un des films que j’ai le moins aimé de cette sélection, comme je vous l’avais déjà développé au tout début du Daily FIFIB, l’un des films les plus plats et insipides qu’il m’ait été donné de voir. La mention spéciale relève toutefois le niveau, car même si le film primé en second avait des défauts, il y avait au moins une vraie originalité et un vrai travail de cinéma, ce que le lauréat Hedi n’avait pas. Aucune des qualités relevées pour ce film ne nous est apparue durant la projection. Rien sur la culture, le soi-disant message social, le vent de révolution, sinon la fade chronique d’un commercial chez Peugeot d’une famille plutôt confortable qui n’arrive pas à tenir tête à sa maman et qui fait de la BD. Des films ont été cloués au pilori pour moins que ça… Mais enfin, passons à la clôture, et à sa soirée.

Malheureusement, le festival devenant plus grand, il prend le pli des plus grands festivals, ce qui permet souvent d’étoffer le contenu, mais cela n’est pas sans dommages. Contrairement à l’année précédente, l’espace dédié aux cocktails du Village Mably, accessible aux invités, équipes de films, jurys, bénévoles et tous journalistes confondus permettait des rencontres, des échanges enrichissants. Malheureusement, les journalistes non professionnels ont été exclus de ces moments durant le festival. Pire encore, ils ont été exclus également pour la soirée de clôture. Il ne s’agit évidemment pas de se plaindre de ne pas avoir accès au buffet, mais de perdre des moments qui avaient fait aussi la force de l’édition précédente, et qui nous avait permis de rencontrer des jurés, d’autres journalistes et festivaliers et échanger sur la compétition, sur le festival en général, de partager. Désormais, les journalistes non professionnels sont rangés dans la même file que les festivaliers « spectateurs », exclus du petit club des pros. Nous avons donc décider de ne pas faire la queue devant l’entrée pendant une éternité, et de partir déçus de finir sur cette note alors que nous attendions ce moment pour finir le festival. Les accrédités non pro travaillent souvent dur pour couvrir le festival, parfois plus que les journalistes pro qui se contenteront d’une brève de 5 lignes. Pour ma part, j’ai fait un compte-rendu détaillé chaque jour, en plus de mes activités professionnelles et étudiantes, ne comptant pas les heures pour couvrir au mieux le FIFIB. Nous avons passé malgré tout un bon festival, plus compliqué que l’édition précédente : une programmation plus denses, donc des retards et des séances qui se chevauchent, rendant l’enchainement des séances plus complexe. Nous espérons que la saison prochaine ne prendra pas le pas des grands festivals de cinéma encore plus, en excluant les accrédités non pro encore plus.

Merci toutefois aux équipes, aux bénévoles qui ont travaillé sans relâche, et à mes camarades qui ont couvert avec moi cette cinquième édition du FIFIB ! Cette année, le festival bordelais fêtait l’anniversaire du punk pour ces cinq ans. Un conseil pour l’année prochaine, soyez plus punk : plus ouvert à tous, moins excluant pour certains, mais gardez cette programmation variée qui nous offre de vraies montagnes russes. On aime ou on déteste aussi parfois, mais le FIFIB ne nous laisse jamais indifférent !

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